Quelle est l'attitude de l'Islam vis-à-vis de la désignation de la femme aux hautes fonctions ?

  • | Monday, 1 June, 2015
Quelle est l'attitude de l'Islam vis-à-vis de la désignation de la femme aux hautes fonctions ?

1 — L'Islam n'interdit pas à la femme d'assumer la charge de haut fonctionnaire de l'état. Elle peut occuper tous les postes qui conviennent à sa nature, à sa compétence et à son expertise.

Quant au hadith du Prophète sur lequel se sont basés les juristes pour interdire à la femme d'occuper une fonction publique, à savoir :

« Ne réussiront jamais les gens qui ont désigné une femme pour les gouverner. » (Rapporté par Al Bokhary dans Al Maghasi et Al Fétan) il se rattache à une circonstance particulière :

Le Prophète — à lui bénédiction et salut — prononça ce hadith en apprenant que le peuple de la Perse avait désigné la fille de Kesra pour les gouverner.

Les juristes ont en donc dédui que la femme ne doit pas gouverner les hommes, c'est-à-dire être à la tête de l'état ou du califat. Néanmoins, nous ne devons pas oublier que le Saint Coran a loué la reine de Saba dans la Sourate Al Naml, en appréciant sa sagesse dans le gouvernement des affaires de son royaume. Cet exemple significatif montre l'estime que rattache le Saint Coran à la femme et à sa compétence alors qu'elle occupe la fonction la plus élevée de l'état.

 

2 — Beaucoup d'ulémas musulmans ont considéré le travail de la femme d'une manière progressiste ; l'imam Ebn Hazm a reconnu la possibilité que la femme détienne le pouvoir ; c'est aussi l'avis de l'imam Abou Hanifa chef de l'école juridique célèbre.

Quant à l'imam Ebn Gorair Al Tabari, il a admis que la femme semblable à l'homme peut détenir toutes les charges sans exception.

On raconte que le second calife Omar Ebn Al Khattab avait nommé Al Chéfâ fille de 'Abd Allah Al Makhzoumiah dans la fonction de muhtasib dans le marché de la ville ; c'était une fonction religieuse et civile qui exigeait l'expertise et le rigorisme. (Revoir : Dr. Youssef Al Qaradawi : Fatawi Mo'asera. p. 63. Dar Afaq Al Ghad, ¡978 et Mohammad Al Ghazali : Cent questions sur l'Islam, vol. 2, p. 260, 262, 276.)

3 — Si l'Islam ne prive pas la femme de son droit d'occuper les hautes fonctions de l'état, tant qu'elle est digne de cela, il convient par contre que l'activité de la femme, en dehors du foyer, ne l'emporte pas sur ses obligations essentielles envers son époux et ses enfants. Car la famille est la première pierre dans l'édifice social ; si elle s'écroule ce sera alors l'effondrement de la société entière. Il est donc recommandé d'établir un équilibre entre le travail de la femme en dehors du foyer et ses responsabilités familiales dans l'intérêt de la société entière.

 

Sixièmement : Quelle est l'attitude de l'Islam vis-à-vis du port du voile et du droit de la femme à l'instruction et au travail ?

1 — Le voile exigé par l'Islam ne vise qu'à assurer une tenue décente pour la femme pour qu'elle ne s'expose pas aux ennuis des hommes. Le voile est donc une protection pour la femme et non une contrainte qui encombre ses mouvements. Le voile ne signifie pas non plus couvrir le visage ou cacher les mains par des gants, car ceci ne représente pas les enseignements, de l'Islam.

Il est plutôt dû en fait, à certaines traditions propres à quelques communautés qui n'ont aucun rapport avec l'Islam. Le voile est une preuve de vertu en Islam tout comme il l'est dans le christianisme. La preuve apparaît dans les vêtements que portent les bonnes sœurs chrétiennes qui couvrent tout leur corps et leurs cheveux, ne laissant apparaître que la face et les mains. L'Evangile demande à la femme de couvrir ses cheveux pendant la prière. (Ravoir le message de Saint Paul aux gens de Corinthe.) Lorsque le Pape reçoit au Vatican une femme, qu'elle soit l'épouse d'un chef d'état ou une célèbre vedette de cinéma, nous voyons qu'elle se couvre les cheveux.

2 — L'Islam ne prive point la femme de son droit à l'instruction ; bien au contraire, il fait de la quête du savoir une obligation et un devoir pour l'homme et la femme à la fois. Ceci est rapporté dans un hadith du Prophète — à lui bénédiction et salut — :

« La quête de la science est un devoir qui incombe à tout musulman et toute musulmane.» (Rapporte par Ebn Mâgah dans l'introduction.)

L'histoire des musulmans connaît beaucoup de femmes qui ont excellé dans la théologie, dans la poésie et la littérature. Lorsque le Prophète — à lui bénédiction ci salut — a épousé Hafsa — celle-ci avait déjà appris à lire et écrire — il fit venir Al Chéfâ Al 'Adaweya pour lui enseigner l'art de la calligraphie afin d'achever son instruction.

 

D'autre part, 'Aîcha, l'épouse du Messager d'Allah, était plus instruite que beaucoup parmi les compagnons du Prophète. Celui-ci avait recommandé de se référer à 'Aïcha dans les affaires de la religion.

3 — L'Islam n'interdit pas à la femme de travailler. Elle a même le droit de travailler si elle en a besoin. Elle doit choisir le travail qui convient le mieux à ses capacités, à ses compétences et à ses diplômes. Il n'y a point de textes religieux qui interdisent le travail de la femme ou son droit à l'instruction. Au temps du Prophète celle-ci effectuait toutes sortes de travaux, on lui confiait les missions les plus variées, que ce soit dans l'armée pour aider les combattants et soigner les blessés ou dans d'autres domaines.

4 — Il faut distinguer entre les enseignements évidents de l'Islam qui assurent la protection de la femme et les traditions périmées et les mauvaises habitudes qui sévissent dans certaines communautés et s'opposent au progrès de la femme et à son droit à l'instruction et au travail ; ces traditions sont bien loin de l'Islam. Au contraire, l'Islam qui a honoré la femme tient à ce que cette dernière développe sa personnalité car cela lui permettra de mieux élever ses enfants et contribuer à instaurer une génération puissante capable de réformer et de développer sa communauté.

 

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Categories: L'Islam
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